
Deux jours d’échanges, un même constat : les crises se préparent souvent bien avant d’éclater. L’atelier national de dialogue multi-acteurs, organisé par Gorée Institute à Ouagadougou dans le cadre de l’initiative RISE Dialogue, s’est achevé le jeudi 5 novembre 2026. À la clôture, des participants ont confié ce qu’ils en retiennent.
Ne pas négliger les signaux faibles
Pour le prêtre Éric Dah, participant au cadre de dialogue, la recommandation la plus marquante est la vigilance face aux signaux faibles. Les frustrations de certaines catégories de populations sont connues de tous, explique-t-il, mais d’autres signes, plus discrets, peuvent devenir ingérables si on les ignore. Il cite la stigmatisation à travers la parenté à plaisanterie, pourtant valorisée durant les travaux comme ressource de cohésion : « Il faut faire attention à ne pas blesser son prochain à travers la parenté à plaisanterie. »

Les inégalités, terreau des conflits
Directrice exécutive du Réseau pour la promotion et l’autonomisation de la femme rurale (REPAFER Burkina), Mme Mamounata Ki Ouédraogo retient l’intervention du professeur Ludovic Kibora, qui a replacé les questions sociales au cœur de la paix : les inégalités sont à la base des conflits.

Elle invite à s’adapter à un monde qui change et à cesser de croire que seul un cercle restreint peut faire avancer les choses. « Nous avons changé de paradigme », affirme-t-elle, en rappelant qu’un jeune dirige aujourd’hui le pays. Pour elle, le refus de s’accepter entre Burkinabè nourrit des conflits internes qui peuvent déboucher sur des conflits externes. Elle se réjouit que les participants soient unanimes sur l’existence du problème et sur la nécessité de redoubler d’efforts.
Un seul objectif : bâtir une nation forte
Représentant de la FAIB, Alidou Ilboudo a lancé un appel à l’inclusion et à la compréhension mutuelle : « Nous sommes de différentes obédiences culturelles, ethniques et religieuses, mais nous avons un seul objectif : bâtir une nation forte. »

Les moyens peuvent différer, ajoute-t-il, mais l’objectif sera atteint si cette conscience est partagée.
Les recommandations de l’atelier doivent nourrir les plans d’action 2027-2030 du projet et le dialogue régional entre les six pays de l’initiative.
